Lucéole, l’éolien citoyen

La nécessitée d’une transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables n’est aujourd’hui plus à démontrer sur le plan environnemental. D’un point de vue financier, le prix du baril de pétrole qui vient de passer une fois de plus la barre des 100 dollars le rappelle tous les jours à notre portefeuille. Il est temps d’envisager la transition écologique. Développer l’autonomie énergétique de notre pays est un enjeu primordial du 21ème siècle.

Notre province a un potentiel éolien important. C’est pourquoi, des objectifs ambitieux doivent y être poursuivis. Si le choix de développer des sources d’énergies vertes est important, il ne faut pas négliger la maîtrise de la production.

A Habay, le 15 octobre dernier, la coopérative Lucéole a vu le jour. Regroupant 55 coopérateurs fondateurs, elle se donne pour objectif de favoriser la participation citoyenne dans des projets locaux, démocratiques et éducatifs. D’un point de vue financier, Lucéole a pour objectif de rassembler 1,2 millions d’euros soit 25% du capital du projet de parc éolien d’Habay (prévu le long de la E411).

Un contrôle citoyen de notre énergie a toute son importance, que ce soit pour maîtriser d’une part notre accès à ce bien indispensable qu’est l’énergie, ou d’autre part, pour ne pas laisser filler les bénéfices de la production dans les mains de multinationales. En ce sens, Lucéole souffle un vent d’espoir et de fraicheur pour une production verte et maîtrisée par les citoyens.

Écolo : « L’éolien doit servir au développement local » – L’Avenir du Luxembourg 17/04

Écolo Luxembourg veut que le potentiel éolien de la province serve le développement local et citoyen. Explications.

À l’heure où les énergies renouvelables sont en pleine expansion, à l’heure où les promoteurs se lancent dans la chasse aux terrains pour en implanter, Écolo Luxembourg, par la voix de Cécile Thibaut (Étalle) et de Claude Vernay (Neufchâteau), a présenté son approche pour développer le potentiel éolien dans la province.

Non à l’anarchie, non à la colonisation !Premier constat formulé par la sénatrice Cécile Thibaut : « Écolo a 30 ans cette année. Écolo et ses éoliennes ne sont plus une utopie. De nos jours, les projets ne sont plus le fait de pionniers. L’exploitation de parcs éoliens est une activité rentable sur le plan financier. Elle suscite dès lors de nombreuses vocations tant d’entreprises classiques qu’associatives. Cela suscite des convoitises… » Et d’emblée Écolo dit « non » à l’anarchie des sites, « non » à une nouvelle forme de colonisation du territoire provincial, au détriment de ses habitants.

Et si Écolo veut un développement accéléré des énergies renouvelables, en particulier dans une province avantagée par sa superficie et sa faible densité de population, Écolo ne veut pas que ce développement se réalise à n’importe quel prix.

Convaincre plutôt qu’imposer et opposerAinsi Claude Vernay (permanent politique Écolo) pointe du doigt trois domaines dans lesquels il faut rester vigilant.

Celui de l’aménagement du territoire d’abord : pas de développement au coup par coup, dans lequel les communes restent passives, à la merci des pressions des investisseurs. « Mais dans ce contexte, l’échelle communale apparaît très rapidement atteindre ses limites. En outre, les meilleures implantations sont limitées en nombre et le potentiel éolien n’est pas également réparti sur la province », confie-t-il.

Autre point dont il faut tenir compte : le développement local : « Écolo veut une participation active de la commune, dans le cadre de véritables partenariats public et -privé qui font de la commune un acteur et pas seulement un spectateur éolien. Les énergies nouvelles doivent être aussi une source nouvelle de revenu pour nos communes. » Et plutôt qu’une répartition 1/3 commune, 1/3 citoyens, 1/3 promoteurs, Écolo préférerait une répartition 50/50 comme c’est le cas pour le projet habaysien.

Enfin, il faut tenir compte de la protection du cadre de vie. La construction de parcs éoliens ne peut pas détruire le cadre de vie des habitants ni porter atteinte à une autre ressource essentielle de la province : la qualité des paysages.

Dernière remarque de Claude Vernay : « Il faut une concertation avec la population. Il ne faut jamais monter une zone éolienne contre les gens. Il faut convaincre plutôt qu’opposer. Avec l’opposition, tout le monde est perdant. » De ce point de vue, Écolo est d’avis que le pilotage communal est celui qui offre le plus de garanties.

 

Jean-Marc DERLET