Nos petites gares, premières victimes de la libéralisation du trafic voyageur ?

Depuis maintenant presque 20 ans, Ecolo organise la Saint-Valentrain. C’est une nouvelle fois, l’occasion pour les écologistes de remercier et d’encourager les navetteurs, qui bertrixprennent le train, ce sont autant de voitures en moins sur nos routes. Mais il y a aussi un volet politique à notre action : depuis le début, nous réclamons un réel investissement dans l’avenir des modes de transport alternatifs à la voiture. Le Gouvernement fédéral se désintéresse des transports collectifs et de ses milliers d’usagers ! Ecolo ne les laisse pas tomber, ils méritent plus de respect et les défis à relever en termes de mobilité et de climat n’attendent pas.

Il est fréquent pour un voyageur de se retrouver dans une gare sans endroit pour s’abriter et personne à qui s’adresser. La qualité du service ferroviaire est en baisse constante : hall de gare fermé, guichet remplacé par des automates, retards perpétuels,…

2017Marbehanyarnbombing1Pour symboliser son opposition à la suppression du service aux voyageurs, Ecolo Luxembourg a choisi d’habiller chaudement et d’humaniser le mobilier de gare (yarn bombing ou tricot-graffiti). C’est un acte de résistance symbolique : Ecolo s’oppose à cette vision bien attristante du train qui, au contraire, devrait être un atout pour la mobilité du XXIe siècle, rapide, bon marché, sûr, respectueux de l’environnement.

Avec le vote du quatrième paquet ferroviaire le 14 décembre 2016 au parlement européen, les craintes d’une dégradation de la situation se sont renforcées.

Les conséquences du quatrième paquet ferroviaire

Ce texte concerne la libéralisation du trafic voyageur et ne contient aucune règles contraignantes afin que soient respectées les normes environnementales et sociales. La concurrence sera basée sur les prix et non la qualité des services.

Si aucunes balises ne sont misent en place par l’état fédéral nous pouvons nous attendre à l’abandon des section non-rentable, à la dégradation de la sécurité, à la réduction des fréquences sur certaines lignes,…

Ecolo et les verts européens se sont opposés à ce texte. Cependant au vu de la situation, nous insistons pour que l’État Fédéral Belge réglemente la libéralisation du trafic voyageur.

Libéraliser mais avec des règles

En Suisse et en Allemagne, la libéralisation du trafic ferroviaire s’est fait sans trop de heurts. En Allemagne, une libéralisation progressive et par zones géographiques à été effectuée. Chaque zone est constituée de lignes rentables et d’autres moins. Cette méthode permet aux nouveaux acteurs de se développer Gouvyprogressivement sans appauvrir la société historique.

La Suisse a quant à elle réglementé la prise en charge du rail par des objectifs. Ainsi, la fréquence minimale et l’amplitude du service des trains sont assurées par une seule phrase : « Une offre de 18 paires de courses à la cadence horaire intégrale doit être fournie si la demande moyenne sur la section la plus fréquentée d’une ligne dépasse 500 personnes par jour ». L’offre minimum est garantie de manière constitutionnelle.

Nous espérons que l’État fédéral s’inspirera de ces méthodes et fera preuve de bon sens pour limiter les dégâts qu’une libéralisation du trafic voyageur peut produire.

Pour plus d’informations, voici le dossier de presse : 20170211.CPStValentrain

Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique…

Tout comme l’injustice sociale « à la belge », l’injustice environnementale frappe principalement au niveau mondial les mêmes catégories de citoyens : à savoir les populations précarisées issues des pays du Sud et les femmes.

Femmes

La lecture genrée des mesures budgétaires prises par les deux derniers gouvernements fédéraux démontre de manière claire que les femmes sont les principales victimes de l’austérité aveugle et sauvage à l’œuvre dans notre pays : travailleuses à temps partiel, cheffe de ménage sans emploi, bénéficiaire de crédit-temps pour raison familiale… elles sont des dizaines de milliers à subir de plein fouet les décisions politiques qui contribuent au détricotage de la solidarité, de notre système de pension ou des dispositions permettant de s’assurer une meilleure qualité de vie tout au long de la carrière.

Tout comme l’injustice sociale « à la belge », l’injustice environnementale frappe principalement au niveau mondial les mêmes catégories de citoyens : à savoir les populations précarisées issues des pays du Sud et les femmes.

Pour établir une vraie justice climatique, il est fondamental de porter le fer de manière juste et forte dans le combat mené face au dérèglement climatique. Il s’agit en effet de reconnaitre des faits mais aussi de tenir compte du rôle des femmes face aux changements climatiques et ainsi de mettre en place les politiques d’adaptation les plus efficaces et les plus nécessaires.

Quelques chiffres pour s’en convaincre ?

- 90 % de la nourriture de l’Afrique est produite par des femmes paysannes agricultrices. Ce sont elles qui doivent faire face aux conséquences des changements climatiques, en particulier la progression de la sècheresse et adapter leurs méthodes pour nourrir leur famille et la collectivité. Leur rôle en matière de contrôle des ressources est pourtant limité par le fait que seulement 15% d’entre elles sont propriétaires terriennes.(1)

- Deux tiers des personnes décédées suite au Tsunami étaient des femmes ou des fillettes.

- L’ouragan Katrina a eu des conséquences dramatiques sur les femmes qui constituent une part importante des familles monoparentales aux Etats-Unis, avec des ressources moindres.

Ajoutons à cela que le dérèglement climatique provoque aujourd’hui des déplacements massifs de population et des conflits armés liés au contrôle des ressources et que, dans ce genre de contexte, les femmes sont victimes de discrimination et de violence aggravées.

La prise de conscience de ces réalités a été tardive dans les négociations mondiales liées à la lutte contre le dérèglement climatique. Ainsi, par exemple, le protocole de Kyoto n’intègre pas une ligne sur la dimension « genre » dans les efforts à accomplir et les politiques à mener.

La journée des femmes est donc l’occasion de dénoncer l’impact des mesures d’austérité qui frappent aujourd’hui les femmes. Mais il est également important de sensibiliser les décideurs politiques à la dimension « genre » à quelques mois de l’importante « Conférence Climat » qui se tiendra à Paris en décembre prochain.

Nos négociateurs ont un rôle important à jouer.

Ils doivent mettre ces sujets en évidence et proposer des réponses politiques aux besoins spécifiques des femmes quant au climat : droits accrus sur les ressources, accès amélioré aux moyens de production et à la protection.

Ils doivent également assurer au préalable un équilibre hommes/femmes dans les délégations qui négocieront concrètement à Paris. Aujourd’hui, elles ne sont que 30 % à faire partie de ces délégations.

Enfin, pour avancer dans ce chantier, encore trop largement en friche, de nouvelles recherches « sexospécifiques » doivent également être menées. Au-delà, un enjeu essentiel est la prise en compte des besoins des femmes dans l’affectation des Fonds Climat et des programmes de soutien à l’adaptation des populations du Sud au changement climatique.

Ceci ne pourra bien entendu être possible qu’en cas d’un accord global et ambitieux sur climat.


(1) Plaidoyer pour le genre dans les négociations ’climat-environnement’, Le monde selon les femmes, 2012

Emily Hoyos, Evelyne Huytebroeck, Muriel Gerkens et Hélène Ryckmans

 

par thibautcecile Posté dans Brèves

Ecolo à la rencontre des acteurs de terrain!

Ces derniers jours, les représentants d’Ecolo ont rencontré de nombreux acteurs de la société luxembourgeoise: l’Union des Classes Moyennes, l’Union Wallonne des Entreprise chez Burgo Ardennes, différentes associations de lutte contre la précarité, Fédustria (fédération des industries du bois, du tissus, de l’ameublement, …) chez 4 Wood à Fauvillers (fabricant des jouets Ardenne Toys).
Ces rencontres sont un réel plaisir.  Et c’est tout naturel, car notre engagement n’a  de sens que s’il est partagé!

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Un combat pour une démocratie plus participative !

Pas d’élu MR en 2009, pas de PS en 1999 ni d’ECOLO avec pourtant 17% des voix. Pour ECOLO Luxembourg, un système électoral qui ne tient pas compte du choix de près de la moitié des citoyens ne répond pas aux exigences de démocratie représentative. Un recours a été introduit au Conseil d’Etat.

 

Aux dernières élections wallonnes, le vote exprimé par plus de 45% des citoyens luxembourgeois ne débouchait sur aucune représentation au Parlement. Une situation pour le moins interpellante. Cette représentation, peu conforme au choix des urnes, n’est pas due à la seule force de chacun des partis. C’est plutôt le système électoral qu’il convient d’interroger. C’est dans la mécanique que le bât blesse…

La Wallonie est divisée en circonscriptions électorales qui, chacune, élit un nombre de députés en relation avec le nombre de citoyens appelés aux urnes. La province de Luxembourg compte deux circonscriptions : celle d’Arlon-Marche-Bastogne (AMB) et celle de Neufchâteau-Virton (NV). Elles élisent respectivement 3 et 2 députés.

Concrètement, ce nombre réduit de députés conduit à exiger qu’un parti qui se présente à Neufchâteau-Virton recueille 50% des voix pour obtenir un élu. Dans l’autre circonscription, celle d’Arlon-Marche-Bastogne, il s’agit d’atteindre les 33%. Cette barre est tellement haut qu’aucun parti ni aucun candidat ne l’atteint. Certes, nous avons un parti dominant, le cdH, mais il ne convainc pas un électeur sur deux ni même un sur trois (son résultat de 2009 était juste sous les 30%).

Le législateur a donc imaginé la procédure de l’apparentement. Cette dernière permet d’additionner les voix des deux circonscriptions de la province pour déterminer qui seront les élus. Mais pour participer à ce «second tour», il faut avoir recueilli au moins 22% des suffrages dans la circonscription d’AMB (ou 33% à NV).

Cette règle qui élimine les partis qui n’atteignent pas 22% (ou 33%) empêche, dans les faits, une représentation proportionnelle aux votes exprimés. Ce sont ces seuils qui ont, tour à tour, barré la route au PS, au MR, à ECOLO… Des seuils qui pourraient aussi conduire à ce qu’en 2014 le Luxembourg soit représenté au Parlement wallon par… 5 élus du cdH !

On le comprend aisément, les règles actuelles sont loin de permettre de représenter au Parlement les différentes opinions, les différents courants politiques présents en Luxembourg. Par comparaison, le seuil électoral est placé à 7.3% en Hainaut ou encore à 5% en province de Liège.

Or notre système politique est fondé, en principe, sur la représentation proportionnelle des opinions dans les Parlements. ECOLO Luxembourg, représenté par d’anciens candidats et électeurs, a donc décidé de contester ces règles électorales wallonnes en ce qu’elles ne sont, dans les conditions actuelles imposées aux petites circonscriptions, pas démocratiques.

Un précédent encourageant !

Sur ce plan, il y a une jurisprudence. En effet, des règles similaires aux élections provinciales en Flandre ont été récemment contestées pour ces mêmes motifs. Et la Cour constitutionnelle a donné raison aux plaignants. Elle est même allée jusqu’à plaider pour des circonscriptions de 4 élus au minimum, voire 5, pour assurer une représentativité proportionnelle suffisante des suffrages des citoyens.

La procédure est en cours. Dans son rapport, l’Auditeur (qui instruit l’affaire et propose un avis) soutenait la thèse défendue par ECOLO Luxembourg. En particulier, l’Auditeur reprend l’argument central fourni par la Cour constitutionnelle qui avait tranché pour la Flandre : «s’il est naturel qu’une élection en circonscriptions électorales mène à des différences quant au seuil électoral naturel, le législateur ne peut, à peine de violer (…) la Constitution, opter pour des circonscriptions aboutissant à des différences de seuils dépassant les limites du raisonnable.». Cette même Cour avait estimé que «des différences de seuils allant d’environ 3% à plus de 16% ne pouvaient être raisonnablement justifiées». Aux élections du Parlement wallon, ces différences s’étendent d’un peu moins de 8 à 50%. Elles sont donc moins raisonnables encore !

En dépit de ces arguments, le Conseil d’Etat a choisi de rejeter la requête. ECOLO Luxembourg a pris acte de cette décision.

La procédure ne s’arrête cependant pas là, puisque l’action entreprise par ECOLO Luxembourg visait d’abord à suspendre puis à annuler le texte wallon qui fixe les circonscriptions. La suspension rejetée, la requête en annulation suit son cours.

C’est un beau combat que poursuit ECOLO Luxembourg. Un combat de principe pour une démocratie plus participative !

par thibautcecile Posté dans Brèves

Joyeux 21 juillet à tous !

phil22Aujourd’hui, j’ai eu l’honneur de participer depuis l’hémicycle à la prestation de serment de notre nouveau Roi Philippe.  Moment joyeux et solennel à la fois, autour d’un Roi qui a déjà le costume de la sixième réforme de l’Etat en véritable pont entre les Régions.

 C’était également une belle fête familiale.

Joyeux 21 juillet à tous !