Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique…

Tout comme l’injustice sociale « à la belge », l’injustice environnementale frappe principalement au niveau mondial les mêmes catégories de citoyens : à savoir les populations précarisées issues des pays du Sud et les femmes.

Femmes

La lecture genrée des mesures budgétaires prises par les deux derniers gouvernements fédéraux démontre de manière claire que les femmes sont les principales victimes de l’austérité aveugle et sauvage à l’œuvre dans notre pays : travailleuses à temps partiel, cheffe de ménage sans emploi, bénéficiaire de crédit-temps pour raison familiale… elles sont des dizaines de milliers à subir de plein fouet les décisions politiques qui contribuent au détricotage de la solidarité, de notre système de pension ou des dispositions permettant de s’assurer une meilleure qualité de vie tout au long de la carrière.

Tout comme l’injustice sociale « à la belge », l’injustice environnementale frappe principalement au niveau mondial les mêmes catégories de citoyens : à savoir les populations précarisées issues des pays du Sud et les femmes.

Pour établir une vraie justice climatique, il est fondamental de porter le fer de manière juste et forte dans le combat mené face au dérèglement climatique. Il s’agit en effet de reconnaitre des faits mais aussi de tenir compte du rôle des femmes face aux changements climatiques et ainsi de mettre en place les politiques d’adaptation les plus efficaces et les plus nécessaires.

Quelques chiffres pour s’en convaincre ?

- 90 % de la nourriture de l’Afrique est produite par des femmes paysannes agricultrices. Ce sont elles qui doivent faire face aux conséquences des changements climatiques, en particulier la progression de la sècheresse et adapter leurs méthodes pour nourrir leur famille et la collectivité. Leur rôle en matière de contrôle des ressources est pourtant limité par le fait que seulement 15% d’entre elles sont propriétaires terriennes.(1)

- Deux tiers des personnes décédées suite au Tsunami étaient des femmes ou des fillettes.

- L’ouragan Katrina a eu des conséquences dramatiques sur les femmes qui constituent une part importante des familles monoparentales aux Etats-Unis, avec des ressources moindres.

Ajoutons à cela que le dérèglement climatique provoque aujourd’hui des déplacements massifs de population et des conflits armés liés au contrôle des ressources et que, dans ce genre de contexte, les femmes sont victimes de discrimination et de violence aggravées.

La prise de conscience de ces réalités a été tardive dans les négociations mondiales liées à la lutte contre le dérèglement climatique. Ainsi, par exemple, le protocole de Kyoto n’intègre pas une ligne sur la dimension « genre » dans les efforts à accomplir et les politiques à mener.

La journée des femmes est donc l’occasion de dénoncer l’impact des mesures d’austérité qui frappent aujourd’hui les femmes. Mais il est également important de sensibiliser les décideurs politiques à la dimension « genre » à quelques mois de l’importante « Conférence Climat » qui se tiendra à Paris en décembre prochain.

Nos négociateurs ont un rôle important à jouer.

Ils doivent mettre ces sujets en évidence et proposer des réponses politiques aux besoins spécifiques des femmes quant au climat : droits accrus sur les ressources, accès amélioré aux moyens de production et à la protection.

Ils doivent également assurer au préalable un équilibre hommes/femmes dans les délégations qui négocieront concrètement à Paris. Aujourd’hui, elles ne sont que 30 % à faire partie de ces délégations.

Enfin, pour avancer dans ce chantier, encore trop largement en friche, de nouvelles recherches « sexospécifiques » doivent également être menées. Au-delà, un enjeu essentiel est la prise en compte des besoins des femmes dans l’affectation des Fonds Climat et des programmes de soutien à l’adaptation des populations du Sud au changement climatique.

Ceci ne pourra bien entendu être possible qu’en cas d’un accord global et ambitieux sur climat.


(1) Plaidoyer pour le genre dans les négociations ’climat-environnement’, Le monde selon les femmes, 2012

Emily Hoyos, Evelyne Huytebroeck, Muriel Gerkens et Hélène Ryckmans

 

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par thibautcecile Posté dans Brèves

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