« Idelux n’est pas constructive » – Le Soir 24/01

Deux mondes, un urbain et un rural, régis par un lien hiérarchique. En Luxembourg, ils sont nombreux à penser Sans titreque le Sder (Schéma de développement de l’espace régional mis en révision) porte les gènes d’un détricotage de la ruralité. Parmi les sceptiques : l’intercommunale Idelux, son directeur Fabian Collard en tête. Il y a quelques jours, alors que ce dernier s’exprimait dans Le Soir sur le sujet, l’intercommunale diffusait un communiqué (lire ci-contre). En ligne de mire : le ministre wallon de l’Aménagement du territoire, l’Ecolo Philippe Henry. Autant le dire d’emblée, les verts luxembourgeois, particulièrement la sénatrice Cécile Thibaut, n’apprécient guère ce tir groupé contre leur ministre. Réaction.

 Pourquoi entrer dans le débat ?

 Parce que la vérité vient de la confrontation des idées. Je pense sincèrement que la consultation au sujet des propositions d’objectifs du Sder est une chance pour les communes de se prononcer sur une vision du territoire à 2020 et à 2040. Je suis intimement convaincue en tant que Luxembourgeoise qu’on ne peut se permettre de gaspiller cette chance. Nos citoyens attendent des propositions concrètes. Pas le statu quo préconisé par Idelux.

 Un statu quo ?

 Pour être franche, je suis vraiment étonnée de la sortie de son directeur Fabian Collard sur le Sder. Il caricature le débat et ne propose rien. Il met les Luxembourgeois dans une posture de Caliméro. Il faut au contraire établir une relation de confiance avec le gouvernement wallon et profiter de l’opportunité pour se prononcer sur la manière dont il faut rencontrer les objectifs de la Wallonie et les adapter. Pour mémoire, il s’agit de créer 350.000 nouveaux logements et 200 hectares de zones d’activité chaque année, d’améliorer l’offre bus et trains, de préserver les campagnes de l’urbanisation… Par rapport à sa version de 1999 qui, elle, était ciblée « urbain », le Sder propose de réelles avancées sur l’articulation villes-campagnes.

 Par exemple ?

 Développer les pôles et les territoires centraux pour préserver les services en milieu rural et urbain, conserver et renforcer les services de base au coeur des quartiers et des villages et favoriser une approche par bassins de vie permettant de rationaliser la mobilité. J’ajoute que le Sder propose clairement de préserver l’identité des quartiers résidentiels, villages et hameaux situés en dehors des territoires centraux. Il préconise aussi d’augmenter la part du covoiturage et de valoriser les ressources naturelles de manière durable. Je n’invente rien, tout ce que je cite là vient des documents officiels. Y relevez-vous quelque chose qui pénalise les régions rurales ? Imaginez-vous que Benoît Lutgen, qui était encore ministre wallon quand ces objectifs du Sder ont été adaptés, aurait laissé un projet qui pénaliserait les régions rurales ? Faut-il, comme le dit Idelux, amener les transports en commun vers les gens et non l’inverse ? Actuellement le ministre Henry se bat pour un rail performant, notamment sur la ligne Namur-Luxembourg. On peut d’ailleurs se demander ce que fait Paul Magnette ou son successeur sur le sujet. Le ministre Henry se bat aussi pour maintenir des bus en milieu rural et développer des alternatives. Pour des transports rationnels, il faut favoriser les villes et les villages centres et réduire la dispersion de l’étalement urbain. Chaque  commune doit avoir au moins un territoire central à développer fortement. Pour maintenir les services dans notre province et faciliter les déplacements, nous devons renforcer ce maillage.

 Les villes luxembourgeoises comptent-elles dans le Sder ?

 Il faut cesser la caricature du Luxembourg qui n’aurait pas de villes et ni de bourgs. Marche, Libramont, Bastogne, n’ont rien à envier à Wavre ou à Ottignies. Sans compter les pôles secondaires comme Virton, Bertrix, Neufchâteau ou Rochefort ainsi que les territoires centraux dans chaque commune.

Craignez-vous une position tranchée des communes ?

 Idelux a rencontré les bourgmestres avec une volonté de désinformer. Je le regrette. La critique, la caricature et la mauvaise foi sont trop faciles. Nos citoyens attendent du souffle pour l’avenir du Luxembourg. Pas le statu quo. Une dernière chose : le Sder sera sans doute la porte ouverte à de probables changements de plans de secteur. Si Idelux ne participe pas dès maintenant de manière constructive et proactive en ciblant des lieux, on rate une occasion. Les Luxembourgeois doivent savoir une chose : l’attitude de la citadelle Idelux contre Philippe Henry n’est pas constructive. A force de caricaturer le ministre dans un combat rural/urbain, on passe à côté de quelque chose.

 ERIC BURGRAFF

 

Publicités
par thibautcecile Posté dans Presse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s