Les accueillantes veulent un statut – Le Soir 30/06

Fâchées, déçues, revendicatrices. C’est un peu tout cela à la fois. Le message des accueillantes d’enfants conventionnées a été clair, ce jeudi, lors d’un déjeuner politique où elles ont voulu sensibiliser nos élus, de toutes couleurs. « On attend des réponses depuis 10 ans. On travaille parfois 50, 60h/semaine et on n’est pas reconnues, dira l’une d’entre elles, dans un témoignage clair et prenant. On demande un vrai statut professionnel.

 Comment un ménage peut-il vivre quand on a 700 euros certains mois, dus aux maladies des enfants, congés des parents, etc., et 1.500 euros un autre. La survie de nos services est menacée. » Le problème n’est pas anodin puisqu’au bout du système, ce sont les jeunes parents qui en pâtissent. Elles étaient 150 en 2001, 99 actuellement au sein de l’ASBL Baby Service. Il y a donc de moins en moins de place pour la petite enfance, car les lacunes du secteur sont criantes alors que les besoins parentaux restent élevés et parfois non couverts.

 Défraiement

 Une profession qui a été partiellement reconnue en 2003, via un « statut social » qui devait être revu après 5 ans. Les accueillantes souhaitent en effet bénéficier d’un statut de travailleur salarié. Elles sont de fait recrutées sur la base d’une convention avec leur service d’encadrement, à l’instar de l’ASBL arlonaise Baby Service qui organisait cette rencontre.

 Bénévoles, elles ne touchent pas de salaire mais un défraiement par jour et par enfant. Elles sont déclarées à la sécurité sociale sur la base d’heures fictives, de jours fictifs et d’une rémunération fictive. Les droits sociaux découlent de ces prestations et de la rémunération déclarées. Elles n’ont pas droit aux congés payés, au chômage et ont droit à la pension si elles démontrent une carrière d’au moins 35 années civiles. Etc !

 Bernard Bonbled, président de l’ONE-Luxembourg, abonde dans ce sens. « C’est la situation du milieu d’accueil conventionné mais aussi dans tous les milieux d’accueil. Un vrai statut, c’est le bon sens. » Cécile Thibaut (sénatrice Ecolo) dit aussi partager cette colère « d’autant plus que les partis étaient d’accord et que ce problème serait réglé s’il n’y avait eu chute de gouvernement. Vous êtes les otages d’une situation belge, car maintenant, c’est lié au transfert de compétences, passant du fédéral aux régions. »

« Un problème qui va même plus loin, note Annick van den Ende (députée CDH), puisque dans les CPAS, comme Virton, cela pose des problèmes de réinsertion sociale. Des dames ne savent pas se former car il n’y a pas assez de garde d’enfants… » Le monde politique luxembourgeois a promis de faire « remonter » le message !

 JEAN-LUC BODEUX

Publicités
par thibautcecile Posté dans Presse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s