On ne peut plus refuser un job à 60km de chez soi – L’Avenir 06/03

Les négociateurs l’ont discrètement glissé dans l’accord de gouvernement. Un chômeur ne peut plus refuser un travail, même s’il met 4 heures pour s’y rendre.

 C’est (encore) un dommage collatéral de la déclaration gouvernementale déposée fin de l’année passée par le gouvernement, mais il était passé inaperçu : depuis le 1er janvier, la notion d’«emploi convenable » a été durcie. Jusqu’ici, elle n’avait subi aucune modification depuis 1991, année de sa création. Aujourd’hui, certains dénoncent. Comme Écolo. «La majorité  a malheureusement fait pire encore que ce que ne prévoyait initialement la déclaration gouvernementale », affirme Cécile Thibaut, sénatrice luxembourgeoise active au sein de la commission des Affaires sociales.

Or, cette notion d’emploi convenable est une pièce importante de l’indemnisation chômage : elle détermine notamment les conditions dans lesquelles les allocations peuvent être refusées à un travailleur qui quitte son emploi où à un demandeur d’emploi qui refuse un poste.

 De 25 à 60km du domicile

 Concrètement, ça veut dire quoi ?

 Avant cette réforme, l’arrêté ministériel vieux de 20 ans définissait comme non convenable «un emploi qui donne habituellement lieu à une absence journalière de plus de 12h ou si la durée journalière des déplacements dépasse 4h », à partir du moment où la distance entre le lieu de résidence du travailleur et son lieu de travail ne dépassait pas 25km. Aujourd’hui, dans la nouvelle version de ce texte légal, cette distance a été portée à 60km.

 Donc, si un travailleur reçoit une offre d’emploi qui nécessite un déplacement de 55km, il est

tenu d’accepter cet emploi, même si la durée de déplacements (aller et retour cumulés) est de plus de quatre heures. «Tout ce temps passé sur le chemin du travail, c’est une perte sèche de temps !, s’insurge la sénatrice luxembourgeoise (lire aussi cadrée ci-contre).C’est aussi une mesure qui va à l’encontre de “l’emploi de demain” qui prône entre autres moins de déplacements entre le domicile et le lieu de travail, puisqu’on va compliquer le quotidien professionnel d’un tas de gens, tout en les déracinant de leur milieu habituel. Et ce sont évidemment les travailleurs les moins bien formés qui souffriront le plus de cette mesure…»

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par thibautcecile Posté dans Presse

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