La garde, revue et corrigée par Ecolo – LE GÉNÉRALISTE 08/09

Fin juin, le parti Ecolo réunissait plusieurs ténors du monde de la médecine générale francophone, afin de discuter d’une proposition de loi – déjà déposée au Sénat et en passe de l’être à la Chambre – relative à une réorganisation du système de garde. Au menu : postes de garde, tri des appels et suppression de l’obligation de déplacement. Dans le meilleur des cas, explique-t-on chez Ecolo, la proposition pourrait être prise en compte par le pouvoir législatif dès la mi-octobre.

L’entrevue du mois de juin, organisée sous la houlette de Cécile Thibault et Muriel Gerkens (respectivement sénatrice et députée écologistes), regroupait le gratin des représentants de la médecine de 1ère ligne francophone, puisqu’elle mêlait membres du GBO, de l’ABSyM, du Conseil fédéral des cercles (CFCMG), du Fag ou encore de la Fédération des maisons médicales (FMMCSF). « Les médecins flamands n’ont pas encore été contactés, mais cela ne devrait pas tarder », explique Muriel Gerkens. « Certaines de leurs préoccupations par rapport à la garde sont très probablement différentes de leurs confrères du sud, vu que la situation géographique et démographique est souvent différente suivant la région dans laquelle on se trouve… »

Médecin dernier recours

En l’état actuel, la proposition de loi rejoint surtout des aspirations rencontrées côté francophone : elle développe le principe d’instituer structurellement des postes de garde avec système d’appel unifié où un préposé formé et disposant d’un arbre décisionnel serait chargé de trier les appels, ce qui sous-entend également une suppression de l’obligation de déplacement. « Il y aurait donc quatre cas de figure une fois que le patient a composé le numéro de téléphone : soit le médecin se rend chez le patient, soit il est demandé à ce dernier de rejoindre le poste de garde, soit l’appelant est confié aux urgences, soit le répondant estime – via l’arbre décisionnel – que l’état du patient ne nécessite pas de soins immédiats et qu’il devra consulter son médecin en dehors de la période de garde ».

Quid des responsabilités ?

Selon Muriel Gerkens, les discussions entre Ecolo et les représentants des généralistes ont notamment eu pour objet la question de la gestion des appels et de la responsabilité en cas de décision de ne pas envoyer le médecin chez le patient. « L’idée est d’introduire le tri des appels par un tiers, suivant un protocole qui serait déterminé dans l’arrêté royal 78, consacré entre autres à la garde », détaille la députée. En ce cas, comme pour le service 100, l’Etat deviendrait responsable du tri des appels, ce qui implique diverses précautions tel qu’un protocole approuvé scientifiquement, un enregistrement des appels, etc. Il faut néanmoins noter que la proposition de loi déposée au Sénat par Ecolo stipule qu’en cas de doute sur la suite à donner à un appel, celui-ci serait transmis au médecin qui jugerait en dernier recours si un déplacement s’impose ou non. « Les participants à la réunion se sont dits d’accord pour que les cercles soient responsables de la garde, mais pas du tri des appels proprement dit (voir encadré). Ils ont aussi insisté sur la nécessité de prévoir des dispositifs complémentaires (taxis sociaux) pour pallier à la non-obligation de se déplacer. »

 Infirmier-répondeur

 Autre point sur lequel les médecins semblent avoir quelques exigences : « la nécessité de garantir des soins de qualité – ce qui est le cas dans le cadre du tri des appels et peut même déboucher sur un plus qualitatif pour le patient », détaille la députée. « Je pense notamment aux cas où le patient doit être hospitalisé d’urgence : en pareille hypothèse, ce ne serait pas plus mal de sauter l’étape de la visite du MG de garde ». Dernier élément mis en avant : l’importance d’un personnel qualifié pour décrocher le téléphone. « Pourquoi ne pas faire appel à du personnel de santé, certainement mieux qualifié pour recevoir ce type d’appel ? Beaucoup d’infirmières arrêtent de travailler en hôpital, découragées par les conditions difficiles et les horaires compliqués. Moyennant une formation complémentaire, on pourrait imaginer leur confier le dispatching : de par leur expérience de soignant, leur réponse sera peut-être plus adaptée que celle que fournirait un quidam à qui on aurait appris à appliquer le protocole ».

« Pas un alibi »

Que pense le secteur infirmier de cette suggestion ? «Nous comptons en parler avec eux au sein de la commission santé du parti », répond Muriel Gerkens. «Quoi qu’il en soit, la proposition de loi déjà déposée au Sénat veut susciter les réactions et la concertation. Elle sera également déposée à la Chambre dans le courant du mois et on peut espérer qu’elle soit prise en compte dès la mioctobre. Au final, une réforme de la garde devrait grandement faciliter la vie des médecins, mais elle ne peut servir d’alibi pour occulter la pénurie de généralistes. Là aussi, il faut continuer à mener la réflexion. »

 

Nicolas Evrard

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par thibautcecile Posté dans Presse

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