Le lobby «propendulaire» intensifie la pression – L’Avenir du Luxembourg 05/05

L’axe ferroviaire Bruxelles-Luxembourg (lignes 161-162) bénéficie d’une modernisation, assurée par Infrabel, pour un coût d’environ 600 millions d’euros, de quoi augmenter la vitesse de croisière des convois de 130 à 160 km/h. Cela réjouit évidemment les forces vives des régions traversées, mais tant en province de Namur qu’en province de Luxembourg, des voix s’élèvent pour réclamer un « bonus » : que des trains pendulaires (lire par ailleurs leurs avantages techniques) puissent circuler sur cet axe. Il en coûterait environ 20 millions d’euros supplémentaires en aménagements, Infrabel n’étant pas réfractaire… à condition que la SNCB valide cette option et envisage d’emblée d’acquérir du matériel roulant de type « Pendolino ». Un lobby namuro-luxembourgeois s’est réuni autour de cette modernisation ultime, qui assurerait à long terme le statut international de l’axe Nord-Sud, quelque peu délaissé au bénéfice des 300 km de lignes TGV pour lesquelles, en Belgique, on a déboursé la coquette somme de 5 milliards d’euros.

 

Essai entre Genève et Milan

Tables rondes sur la mobilité, interpellations politiques etc. Jusqu’ici, rien n’y a fait : la SNCB ne s’est pas encore décidée pour le pendulaire, au point de se demander si elle le fera un jour. L’opérateur ferroviaire fait partie d’un «consortium » qui discute des opportunités transfrontalières, avec les sociétés consoeurs du Grand-Duché, de France et de Suisse. Où en est-on de ce côté ? Le lobby namuro-Luxembourgeois peine à obtenir des informations. De guerre lasse, le sénateur bourgmestre de Rochefort François Bellot (MR), très impliqué dans les dossiers ferroviaires, a mobilisé une délégation. En direction de la Suisse. Idée : puisqu’ici rien ne bouge, on va prendre la température de l’autre côté. «Nous prenons notre bâton de pèlerin », dixit le Rochefortois, suivi par des députés  provinciaux namurois et luxembourgeois, de sa collègue du sénat Isabelle Thibaut (Écolo), des gouverneurs Mathen et Caprasse, de représentants des agences de développement BEP et Idélux. Ce petit monde est parti sur le ton du consensus, il est revenu bien décidé à accentuer la pression sur la SNCB. Première étape : le rendez-vous à Genève avec un porte-parole de la société de chemin de fer suisse. C’est clair, la liaison en pendulaire Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg- Bâle (et/ou Zurich) intéresse vraiment, côté helvétique. Ici le pendulaire, on connaît. Bellot et consorts l’ont pris sur la ligne Genève-Milan. Grâce aux convois qui se penchent dans les tournants, les Suisses ont grappillé quelques minutes, le trajet passant de 4 h15 à 3h50. Pas énorme. Mais en quelques années, le nombre de passagers a augmenté de 16 %. Les Suisses sont convaincus, les Grand-ducaux aussi. Ces derniers projettent la construction d’une gare à Cessange (6 km de Luxembourg-Ville) pour dynamiser (et accélérer) l’axe Nord-Sud. Et chez nous? La modernisation de la ligne 162 permettra déjà de raccourcir le trajet entre Bruxelles et Luxembourg-Ville de 2h26 à 1h59. Grâce au pendulaire, on gagnerait encore 9 minutes. Tout ça pour ça ? Il faut envisager la ligne internationale dans sa globalité. Le train pendulaire, sur la portion de réseau français en direction de la Suisse, peut atteindre 250 km/h sur des lignes TGV. De quoi faire Bruxelles-Strasbourg en 3h15 plutôt qu’en 5h11, ou comment rendre le corridor Nord-Sud compétitif

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par thibautcecile Posté dans Presse

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