Collecter les piles coûte trop cher – Le Soir 23/02

Derrière chaque pile vendue en Belgique se cache une cotisation payée par l’acheteur. Peu de chose : 0,1239 euro par pile + la TVA. A quoi sert cet argent ? A organiser la collecte des piles usagées et à les diriger vers un circuit de recyclage. La Belgique serait parmi les champions du monde du recyclage des piles. Mais de plus en plus de gens s’interrogent sur le devenir de l’argent de la cotisation. Depuis qu’elle existe, l’ASBL Bebat qui organise la collecte et le recyclage a constitué d’importantes réserves : 66 millions d’euros en placements de trésorerie (des placements liquides et des obligations à court et à moyen terme) et 4 millions en « valeurs disponibles », montrent les comptes de résultats 2009. Chaque année, Bebat engrange un bénéfice de près de 8 millions d’euros, indique l’Office wallon des déchets. Pour faire quoi ? Test-Achats a interpellé tous les ministres compétents –le ministre fédéral des Finances et les ministres régionaux de l’environnement. Pour l’instant sans obtenir de réponse, si ce n’est du côté flamand où l’on reconnaît qu’« il n’entre pas dans l’objectif de Bebat d’accumuler de grands moyens financiers ». La députée écolo Cécile Thibaut interpellera quant à elle le ministre des Finances, ce mercredi.

Réduction de la cotisation

Selon les connaisseurs, le matelas financier accumulé par Bebat prouve que la cotisation sur les piles est trop élevée. « Ces réserves représentent trois années de chiffre d’affaires, plaide Peter Coonen, directeur général de l’ASBL. Elles doivent servir à faire face à la collecte et au recyclage des piles qui “dorment” actuellement dans les tiroirs des Belges, selon nos estimations, 107 piles en moyenne par ménage ». Piles usagées, piles neuves, piles intégrées dans des montres, des GSM, des caméscopes… elles traînent un peu partout. Mais chez Bebat, on indique que depuis 2006 on défend, auprès du ministre des Finances, l’idée d’une réduction de la cotisation. « Elle pourrait être de 25 à 30 % », dit Coonen. Une sérieuse différence à l’achat pour certaines petites batteries comme les piles bouton, ou celles qui servent dans des dispositifs vitaux comme les pacemakers ou les appareils auditifs…

Avec 1.200 entreprises affiliées et qui cotisent au système de collecte, Bebat serait une affaire qui marche. Vraiment ? Certains jugent que les objectifs ne sont pas atteints. En Wallonie notamment : « Mais les chiffres avancés à l’époque ne tenaient pas compte des possibilités de collecte », dit-on chez Bebat. Pour ne rien simplifier, le marché est soumis à des législations différentes (l’écotaxe est du ressort du fédéral, l’organisation de l’obligation est de compétence régionale…), et à des modes de calcul différents. Pour la Belgique, dit-on chez Bebat, le taux de collecte est environ de 50 % – 57 % en Flandre, 42 % en Wallonie, 30 % à Bruxelles. Une directive à transposer par chaque Région, devrait fixer les taux de collectes à 50 % du côté wallon en 2012. « Ce ne sera pas une mince affaire », dit Coonen. La montée en puissance des piles rechargeables rendant plus ardu l’objectif de collecte.

 

MICHELDE MUELENAERE

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par thibautcecile Posté dans Presse

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