Bruxelles – Luxembourg : Infrabel manque le train européen

Il y a quelques jours à peine, le grand patron de la SNCB, Marc Descheemaecker, annonçait la révolution à l’horizon 2013. Et des lendemains qui chantent : finis les retards chroniques, le matériel avarié, la sécurité en question…

On a moins parlé du rapport d’évaluation à mi-parcours des projets prioritaires du réseau transeuropéen de transport (2007-2013) déposé par la Commission européenne.

Or, ce rapport pointe la relation «Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg» à la fois pour les retards considérables pris dans la mise en œuvre de modernisation de l’infrastructure et pour les dépassements importants des budgets prévus.

La programmation européenne allant jusqu’à 2013, la fin des travaux était initialement planifiée pour décembre 2013. Entre-temps, les retards se sont accumulés. Aujourd’hui, on n’imagine plus terminer avant 2015 ! Ce dépassement des délais provoque une sérieuse augmentation des coûts.

En conséquence, la Commission européenne a décidé de réduire la part de co-financement européen destiné à la Belgique, ramenant cette aide de 30,2 millions € à 21,3. Le co-financement au Grand-duché de Luxembourg pour l’amélioration de cette même relation passe lui de 27 à 23,5 millions €.

Ecolo Luxembourg s’interroge. Comment la SNCB compte-t-elle s’y prendre pour améliorer le service si il se confirme, comme il faut le craindre, que le financement européen sera perdu ?

Les clients du chemin de fer, et plus particulièrement les navetteurs, excédés par les retards quotidiens sur un temps de parcours qui n’a cessé de s’allonger depuis la dernière guerre, attendaient beaucoup de la modernisation de l’axe Bruxelles-Luxembourg. A terme des trains pendulaires devaient aussi circuler avec, à la clé, un gain de vitesse, allant jusqu’à 160 km/h. Une véritable révolution pour cette ligne sinueuse et trop longtemps délaissée.

Cette préoccupation a été relayée par la Sénatrice Cécile Thibaut (Ecolo) qui a déposé une demande d’explication au ministre fédéral de la Mobilité Etienne Schouppe et à Inge Vervotte, en charge de la tutelle sur Infrabel.

Si la réduction de co-financement européen devait se confirmer, interroge la Sénatrice, comment Infrabel pourra-t-il poursuivre les travaux de modernisation de la ligne Bruxelles-Luxembourg ? Peut-on vraiment envisager de façon réaliste que les travaux soient arrêtés faute de financement suffisant ?

Enfin, comme beaucoup de citoyens, la Sénatrice Ecolo pose une question plus fondamentale encore qui touche à la bonne gouvernance. Comment peut-on expliquer que dans un pays comme le nôtre, alors que les gouvernements ont décidé l’inscription du projet de modernisation de l’infrastructure de chemin de fer dans le cadre des réseaux européens, l’entreprise de service public n’a pas été en mesure de mettre en œuvre cette décision dans des délais raisonnables ?

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