Restructuration de la poste en province de Luxembourg

Question écrite à la ministre de la Fonction publique et des Entreprises publiques

Pour le 1er janvier 2011, le réseau de distribution du courrier postal en Belgique sera complètement revu, comme prévu par le contrat de gestion négocié entre La Poste et l’État belge. Les premières traductions de ces modifications sont en train de voir le jour sur le terrain avec le regroupement des bureaux de distribution.

Nous dénonçons depuis le début, au niveau fédéral et des communes, les conséquences sociales des plans de restructuration de La Poste : cadences infernales pour les facteurs, fermeture des bureaux de poste, … Avec la réorganisation des bureaux de distribution, il faut aujourd’hui ajouter à cela de nouvelles conséquences environnementales, au-delà de l’inconfort que cela représentera pour les facteurs. En tant qu’élue luxembourgeoise, je pointerai également le fait que les spécificités de chaque région n’aient pas été prises en compte, en l’occurrence concernant les distances, le relief, l’état des routes et le climat spécifique de notre province.

De 500 bureaux de distribution aujourd’hui, il ne restera plus que 128 « plates-formes logistiques ». Pour la province de Luxembourg, on ne conserverait que cinq bureaux de distribution, ce qui est très peu pour la province la plus étendue et la moins densément peuplée.

Cette réorganisation aura également des conséquences énormes sur le travail des facteurs. Je pense aux kilomètres supplémentaires, avant et après le travail mais également pendant les tournées, aux cadences infernales pour les travailleurs, au stress ou au coût lié à ces déplacements vers le lieu de travail.

Quels critères ont été utilisés pour établir cette nouvelle cartographie des centres de distribution en Belgique? Une comptabilisation du nombre de kilomètres supplémentaires parcourus par les voitures de La Poste a-t-elle été effectuée ? Quel sera l’impact environnemental de cette réforme ?

Pourquoi n’a-t-il pas été tenu compte de critères ruraux comme la densité de population, le relief ou les distances à parcourir? Estimez-vous que cinq bureaux de distribution seront suffisants pour une province aussi étendue que celle de Luxembourg ?

Les conséquences sociales et horaires pour les travailleurs de La Poste ont-elles été évaluées ? Des compensations financières sont-elles prévues pour l’augmentation de la distance domicile-lieu de travail ?

Une évaluation de cette réorganisation des bureaux de distribution est-elle prévue ? Quelles sont les marges de manœuvre pour adapter ce plan, notamment en fonction de sous-régions pour lesquelles les prévisions de La Poste seraient inadaptées à la réalité de terrain?

Réponse reçue le 3 mai 2010 :

La Poste s’efforce d’optimiser son réseau de distribution du courrier. Il faut considérer ces initiatives dans un contexte en forte évolution, non seulement par la libéralisation du marché postal mais également par la baisse structurelle des volumes de courrier et la concurrence de nouveaux moyens de communication. À l’origine de ces projets se trouve le souci de La Poste de garantir dans les années à venir une base économique et financière saine à l’entreprise. Il s’agit d’une condition importante pour garantir la pérennité d’un service de qualité et de l’emploi de milliers de facteurs.

Le regroupement des bureaux distributeurs est un des éléments du plan stratégique de l’entreprise. Actuellement, le réseau est constitué d’un peu plus de 450 bureaux distributeurs. Ce nombre devrait évoluer progressivement vers 128. Ces regroupements s’inscrivent dans le cadre d’un projet global visant à améliorer l’efficience du réseau de distribution, à optimiser les modèles logistiques et rationaliser l’utilisation du personnel d’encadrement. Il s’agit d’un projet qui s’étendra sur l’ensemble du territoire et qui s’étalera sur plusieurs années.

La Poste prévoit de regrouper, à terme, les différents bureaux distributeurs de la Province du Luxembourg, sur cinq plateformes logistiques. Chaque projet de regroupement fait l’objet d’une étude de faisabilité détaillée. Ce n’est que dans le cas où celle-ci se révèle positive que La Poste réalise le regroupement. Actuellement, les études sont en cours pour les différents projets et aucun calendrier précis n’a encore été établi pour l’ensemble des bureaux concernés. Les regroupements suivants sont toutefois déjà planifiés : Habay ira à Arlon fin avril, Etalle ira à Virton et Vaux-sur-Sûre à Libramont avant l’été et Neufchâteau ira à Libramont après l’été.

Il est essentiel de préciser que ce projet qui concerne uniquement l’organisation interne de La Poste, n’aura aucun impact sur les services aux guichets des bureaux de Poste et Points Poste et que chaque commune conservera au minimum un bureau de Poste comme c’est le cas actuellement.

Au niveau de l’impact environnemental, La Poste s’est inscrite dans une politique de réduction des émissions de CO2, de diminution de la consommation d’énergie et de la pollution. Elle vise une réduction de 35 % des émissions de CO2 sur la période 2007-2012.

Le regroupement de bureaux distributeurs devrait permettre à l’entreprise de consommer moins de carburant pour l’ensemble de son parc automobile. En effet, l’approvisionnement des bureaux nécessitera moins de trajets compte tenu du moindre nombre de bureaux à desservir. Par ailleurs, le remplacement des vélomoteurs par des vélos sur certains services devrait également contribuer à réduire la consommation d’essence.

Des économies seront également réalisées au niveau des bâtiments. Il y aura en effet moins de bâtiments à chauffer. De plus, les nouveaux bâtiments présenteront une meilleure isolation que les anciens. L’objectif est aussi de réduire de 22,5 % (en mètres carrés) l’espace occupé pour les activités de distribution. Ceci devrait permettre de diminuer la consommation totale d’énergie.

Sur le plan social, La Poste reste également attentive aux conséquences de ces regroupements pour l’ensemble du personnel concerné. L’entreprise m’assure que chaque collaborateur se voit impliqué et accompagné avant, pendant et durant les semaines qui suivent un tel changement. Ces regroupements font d’ailleurs l’objet de réunions locales de concertation avec les partenaires sociaux.

Si la réorganisation entraîne l’allongement du trajet domicile-lieu de travail pour certains collaborateurs, les dispositions existantes en matière d’allocation de mobilité géographique seront d’application.

Enfin, comme pour tous les projets de réorganisation menés jusqu’à présent par l’entreprise, il n’y aura aucun licenciement sec.

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